Mon amie vespérale, diurne et le reste du temps s'appelle M O N O M A N I EElle n'est pas méchante, au fond. Juste un peu envahissante. Colle ses tentacules gluantes au cerveau, pour ne plus lâcher avant que nous n'ayons lâché. On s'en accommode. Comme si son fantôme était mon colocataire clandestin. Au réveil, devant l'écran, en baisant. Kathy kathy kathy kathy kathy kathy kathy kathy kathy kathy kathy kathy kathy kathy kathy.
Et quand mes mains frappent le clavier en rythme, c'est pour éteindre un peu son nom, le multiplier pour mieux le dévaluer, pour mieux l'oublier.
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,
Kathy Acker a ajouté une ligne de plus à ma vie. Cette ligne est courbe. Transversale et parallèle. Elle dit tout et ne dit rien. Elle vit tout et ne lâche rien.
Tout ce qu'il me reste.
Tout ce qu'il me reste.
Et une utopie d'un ultime pas vers la compréhension...
« Tout ce qui me reste c’est mon écriture.
C’est la seule stabilité que je connaisse,
que j’ai jamais connue. »
Je ne veux pas raconter ma rencontre avec Elle parce que j'ai commencé à détester les histoires de zombies, et j'ai tellement peur d'être piégée dans un labyrinthe de miroirs. J'ai tellement peur mais je ne m'en rends pas compte. Je crois me souvenir qu'Elle est arrivée sans frapper en sussurant à mon cerveau mortifié et à mon con en chaleur que
« Je n'existe pas. »
J'ai eu un moment de réflexion avant de me retourner vers Elle pour lui dire tellement de bien. Je croyais qu'Elle m'avait laissé la porte grand'ouverte. Elle m'a juste offert la clé, des traces de survie et autre réjouissances orgasmiques à portée de main. Le chemin ne fait que commencer. Trouver la porte, et chercher à savoir s'il faut la fermer ou bien l'ouvrir. Et chercher. J'ai lâché la quête du je, il me semble qu'il est désormais en pleine possession de ses pouvoirs omnipotents et variables à l'infini. Je voudrais simplement dépasser cette faiblesse des mots, je les aime à n'en plus pouvoir, à ne plus savoir comment les déchirer les exciser les baiser le plus profond possible mais qu'ils me montrent, enfin. Qu'ils me montrent. Que la force est dans cette écriture de merde. Que nous deux ne sommes pas impuissantes, qu'elles aussi peuvent s'y ressourcer, qu'il y aura une incroyable et belle et victoire ou bien une guerre sans relâche, qu'importe tant qu'ils sont signes de vie. Qu'ils montrent.
« Feelings are intense, words are trivial »